La conviction de longue date selon laquelle les enseignes de maxidiscompte représentent systématiquement le choix le plus économique pour les consommateurs est aujourd’hui remise en question par des analyses précises du marché suisse. Une étude comparative récente a mis en lumière une surprenante convergence des prix entre les enseignes allemandes à bas prix Aldi et Lidl et les géants suisses de la distribution, Coop et Migros, particulièrement en ce qui concerne les produits de première nécessité. Pour un panier composé de vingt articles suisses de base, incluant des produits laitiers, des œufs, ainsi que des fruits et légumes frais, les différences de coût total se sont révélées quasi négligeables. L’analyse a positionné Migros comme l’option la plus avantageuse avec une facture s’élevant à 77,20 francs, suivie de très près par Coop et Lidl, à 78,60 francs. Aldi clôturait ce classement serré avec un total de 78,70 francs, soit un écart infime de seulement dix centimes. Ce resserrement tarifaire indique une transformation profonde du paysage de la grande distribution, où le postulat du « toujours moins cher » des magasins à bas prix ne s’applique plus de manière absolue.
Un écart de prix qui se resserre
Cette nouvelle parité tarifaire sur les produits de base est le résultat d’une évolution stratégique notable de la part des grands distributeurs helvétiques. Conscients de la menace concurrentielle, Coop et Migros ont activement travaillé à réduire l’écart de prix qui les séparait historiquement des enseignes de maxidiscompte. Ils ont pour cela renforcé leurs propres gammes de produits d’entrée de gamme, devenues de véritables fers de lance pour rivaliser directement avec l’offre des acteurs allemands sur leur propre terrain. Cette offensive a contraint l’ensemble des enseignes à aligner leurs tarifs sur les produits les plus courants, créant un équilibre où le consommateur peine à distinguer un meneur incontesté sur le plan des économies. Du côté des discounters, cette situation est interprétée non pas comme une perte de leur avantage concurrentiel, mais plutôt comme la preuve d’une saine et dynamique concurrence sur le marché. Lidl, par exemple, souligne que cette pression tarifaire généralisée profite en fin de compte au client. La compétition ne se joue donc plus uniquement sur le prix, mais s’est étendue à d’autres critères tels que la qualité, l’origine des produits et l’expérience d’achat.
La nuance stratégique pour le consommateur averti
Face à cette homogénéisation des prix sur les produits du quotidien, la stratégie du consommateur devait s’adapter. L’étude souligne que si l’écart s’est estompé pour un panier de base, des différences significatives subsistent sur des catégories d’articles plus onéreuses, notamment la viande. Il a été démontré que pour ces produits, une comparaison méticuleuse entre les différentes enseignes reste indispensable pour réaliser de réelles économies. La fidélité aveugle à un seul magasin, motivée par une réputation de bas prix, n’est plus la démarche la plus pertinente. Le consommateur averti a compris la nécessité d’adopter une approche plus flexible et analytique, en arbitrant ses achats en fonction des catégories de produits et des promotions spécifiques à chaque distributeur. En définitive, cette analyse révèle que le paysage de la grande distribution est devenu plus complexe. La hiérarchie des prix, autrefois clairement établie, a laissé place à un environnement concurrentiel nuancé où la vigilance et la comparaison sont devenues les meilleurs alliés du pouvoir d’achat.
