Placer la voix et les droits des usagers au cœur des stratégies de santé publique représente une ambition majeure pour garantir un système de soins juste et efficace, une ambition qui se concrétise désormais dans la région Grand Est. Le 21 janvier 2024, l’Agence Régionale de Santé (ARS) Grand Est et la délégation régionale de France Assos Santé ont formalisé leur engagement mutuel par la signature d’une convention de partenariat stratégique. Ce document, paraphé par Mme Christelle Ratignier-Carbonneil, directrice générale de l’ARS, et M. Jean-Michel Meyer, président de France Assos Santé Grand Est, établit un cadre de coopération structuré pour la période 2024-2028. Loin d’être une simple déclaration d’intention, cet accord vise à intensifier une collaboration déjà existante, en s’appuyant sur des valeurs partagées d’engagement citoyen, de transparence et de participation active. L’objectif fondamental est de renforcer la démocratie en santé et de promouvoir de manière tangible les droits des usagers sur l’ensemble du territoire, transformant ainsi le patient en un véritable partenaire du système de santé.
Les piliers d’une collaboration renforcée
Au cœur de cette nouvelle dynamique, la consolidation de la représentation des usagers (RU) constitue un enjeu de premier ordre. Le constat d’un nombre significatif de postes vacants parmi les quelque 1 400 existants dans la région a motivé une action prioritaire. Le partenariat s’attachera donc à combler ces manques en clarifiant les procédures de désignation et en menant des actions de promotion pour attirer de nouveaux candidats. Il est essentiel de valoriser le rôle crucial de ces représentants, qui siègent dans diverses instances pour porter la parole des patients et de leurs familles. Parallèlement, la formation est reconnue comme un levier indispensable pour garantir l’efficacité de cet engagement. Les deux organisations réaffirment son caractère fondamental, avec un accent particulier sur le programme « RU en Avant ! » . Cette formation, désormais obligatoire pour tout représentant nouvellement nommé, a pour but de doter les participants des compétences nécessaires pour naviguer dans les complexités du système de santé, défendre les droits des usagers et contribuer de manière constructive aux débats et aux décisions.
L’efficacité du partenariat repose également sur une communication et une intégration accrues de l’expérience patient dans toutes les strates du système de santé. Une coordination plus étroite des actions de communication est prévue pour augmenter la visibilité du rôle des représentants des usagers et sensibiliser le grand public à ses droits. Cela se traduira par la promotion conjointe d’événements nationaux, comme la journée « Soigne tes droits » , ainsi que par l’organisation d’initiatives régionales. De plus, un dispositif d’information spécifique sera mis en place pour garantir une communication claire et rapide en cas de crise sanitaire. Au-delà de la communication, la convention met l’accent sur la co-construction d’innovations fondées sur le vécu des patients. L’objectif est d’intégrer systématiquement l’expérience et les retours des usagers dans les processus d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins, mais aussi dans les démarches de certification des établissements de santé. Cette approche vise à faire évoluer les pratiques pour que le patient ne soit plus un simple bénéficiaire de soins, mais un acteur central et un partenaire à part entière de son parcours.
Un cadre de suivi pour des résultats concrets
Pour garantir que les ambitions affichées se traduisent en améliorations tangibles, la convention ne se contente pas d’énoncer des principes : elle instaure un cadre de suivi et d’évaluation particulièrement rigoureux. Cet engagement pour des résultats concrets se matérialise par l’élaboration d’une feuille de route annuelle qui détaillera les actions spécifiques à mener, les objectifs à atteindre et les responsabilités de chaque partie. Un groupe de suivi paritaire, composé de représentants de l’ARS et de France Assos Santé, a été mis en place et se réunira deux fois par an pour superviser la mise en œuvre de cette feuille de route, discuter des avancées et ajuster les stratégies si nécessaire. En complément de ce suivi opérationnel, une revue stratégique annuelle sera organisée entre les directions des deux entités pour évaluer la pertinence globale de la collaboration et définir les grandes orientations pour l’année suivante. Ce mécanisme de gouvernance structuré assure une collaboration dynamique et une responsabilité partagée dans l’atteinte des objectifs fixés.
L’évaluation des progrès réalisés a été placée au centre du dispositif, avec la définition d’indicateurs partagés qui permettront de mesurer objectivement l’impact des actions menées. Des bilans formels sont ainsi prévus en 2025 et 2026, offrant des points d’étape clés pour apprécier le chemin parcouru et identifier les domaines nécessitant une attention renforcée. Les déclarations des deux signataires convergent vers une conviction forte : l’amélioration durable du système de santé, que ce soit en termes de qualité, de sécurité ou de pertinence des soins, ne peut se faire sans l’association active des premiers concernés. Cette convention scelle donc un engagement profond pour que la construction des politiques de santé régionales se fasse systématiquement « avec les usagers, et jamais sans eux » . Ce partenariat affirme une vision partagée où le dialogue et la co-construction ne sont plus des options, mais des fondements essentiels pour un système de santé plus humain, plus juste et plus performant pour tous les citoyens du Grand Est.
