Dans le cadre de cet article, nous allons explorer une question qui, bien qu’importante, reste relativement peu discutée dans le domaine du commerce de détail : la possibilité pour les caissières de travailler assises ou de pouvoir s’appuyer pendant leurs quarts de travail. Depuis plusieurs années, des caissières expriment le souhait de pouvoir s’appuyer afin d’éviter les blessures liées à une position debout prolongée. Cependant, cette demande se heurte souvent à une certaine résistance de la part des employeurs, qui craignent que les consommateurs perçoivent cela comme un manque de professionnalisme ou comme un signe de paresse. Malgré tout, une enquête récente tend à montrer que les consommateurs québécois soutiennent majoritairement cette initiative.
La Perception des Consommateurs
Une étude récente révèle que près de 86 % des Québécois estiment qu’un employé de caisse devrait avoir le choix de s’appuyer ou de rester debout. Ce sondage, mené par Léger auprès de 1011 Québécois, montre également que 54 % des personnes interrogées pensent qu’une caissière ayant la possibilité de s’appuyer serait plus productive. Ces résultats vont à l’encontre de l’idée répandue parmi certains employeurs selon laquelle l’utilisation d’un banc assis-debout par les caissières pourrait nuire à l’image professionnelle de ces dernières.
Béatrice Monfette, responsable de projet pour le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT), souligne que l’inconfort résultant d’une station debout prolongée peut avoir un impact négatif sur la qualité des interactions avec la clientèle. Selon le CIAFT, permettre aux caissières de s’appuyer améliorerait concrètement leurs conditions de travail et valoriserait un rôle qui est souvent sous-estimé. Une telle mesure est envisagée comme un moyen de renforcer le bien-être et la productivité des employés de caisse.
Les Initiatives et Études en Cours
Suite à une étude approfondie sur les conditions de travail des préposées aux bénéficiaires et des caissières, le CIAFT a trouvé qu’après le salaire, la possibilité de s’appuyer était la deuxième doléance la plus importante. Pour valider si la perception des employeurs était justifiée, le CIAFT a collaboré avec Détail Québec et TUAC Canada pour sonder les consommateurs.
L’année dernière, Loblaw a lancé un projet-pilote dans 10 magasins situés hors du Québec, permettant aux caissières de travailler assises pendant une période de quatre mois. Les résultats de ce projet sont actuellement en cours d’analyse pour déterminer les futures orientations à adopter. Richard Dufresne, chef de la direction financière chez Loblaw, a noté, lors de son séjour en Europe, que la moitié des caissières travaillaient assises. Cette observation pourrait influencer Loblaw à envisager sérieusement cette option, malgré les multiples facteurs à prendre en compte.
Témoignages et Perspectives Variées
Néanmoins, aborder le sujet avec les employeurs peut s’avérer difficile. Diane, une ancienne caissière ayant travaillé vingt ans dans un supermarché, explique qu’il était pratiquement impossible d’évoquer cette question avec son employeur sans susciter des réticences. Elle raconte que rester debout pendant huit heures était une tâche ardue qui lui causait régulièrement des douleurs au dos et aux jambes, amplifiant ainsi son besoin de pouvoir s’appuyer durant ses quarts de travail.
Par ailleurs, certains employés préfèrent rester debout. Francine Côté, âgée de 71 ans et travaillant à l’Intermarché Boyer sur le Plateau Mont-Royal, n’éprouve pas le besoin de travailler assise. Ayant passé une grande partie de sa carrière debout dans un bingo, elle préfère scanner les articles debout et estime que cette manière d’opérer lui convient. Ces perspectives variées illustrent la diversité des opinions parmi les caissières, quant à la nécessité ou non de s’appuyer pendant leur emploi.
Statistiques et Répartition des Caissières
Dans cet article, nous abordons un sujet souvent négligé dans le commerce de détail : la question des caissières travaillant assises ou pouvant s’appuyer pendant leurs heures de travail. Depuis de nombreuses années, des caissières expriment le besoin de pouvoir s’asseoir ou s’appuyer pour éviter les blessures dues à une station debout prolongée. Cependant, cette demande rencontre souvent une résistance de la part des employeurs. La crainte principale est que les clients perçoivent cela comme un manque de professionnalisme ou un signe de paresse. En dépit de ces inquiétudes, une enquête récente a révélé que la majorité des consommateurs québécois sont favorables à cette initiative. Il apparaît donc que les employeurs pourraient reconsidérer la position sur cette question pour améliorer les conditions de travail de leurs employés et répondre à leurs besoins de santé sans nuire à leur image professionnelle. Cela soulève des défis mais aussi des opportunités pour innover en environnement de travail.