Plongée dans une tourmente sans précédent, l’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) est aujourd’hui le théâtre d’une crise sociale et académique qui menace sérieusement ses fondations. Un fossé s’est creusé entre le syndicat des enseignants-chercheurs (SAES) et l’administration rectorale, engendrant une rupture totale de la communication et paralysant l’ensemble de l’institution. Cette situation alarmante, qui s’est installée progressivement, a atteint un point de non-retour, forçant les acteurs à adopter des mesures drastiques. Les étudiants, pris en otage dans ce conflit, voient leur année académique compromise, tandis que le personnel navigue dans un climat de méfiance et d’incertitude. Le silence de la direction, interprété comme un signe de faiblesse et d’incapacité à gérer la crise, n’a fait qu’envenimer les tensions, poussant le syndicat à durcir sa position. L’avenir de l’UASZ, pôle d’excellence académique pour la région de la Casamance, dépend désormais de la capacité des parties prenantes à surmonter leurs différends et à rétablir un dialogue constructif pour le bien de toute la communauté universitaire.
La Genèse d’une Crise Profonde
La racine du conflit actuel réside dans ce que le Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) qualifie de « mutisme assourdissant » de la part de l’administration rectorale. Depuis la fin de l’année 2025, le syndicat a maintes fois tenté d’attirer l’attention de la direction sur une série de difficultés persistantes qui entravent le bon fonctionnement de l’université, sans jamais obtenir de réponse tangible. Cette absence totale de dialogue est perçue non pas comme un simple oubli administratif, mais comme une fin de non-recevoir délibérée, une stratégie d’évitement qui bloque toute possibilité de négociation. Pour les enseignants-chercheurs, cette posture est incompréhensible et inacceptable, car elle nie l’existence même des problèmes qui fragilisent l’institution. Ce silence est vécu comme un mépris envers le corps professoral et ses représentants légitimes, alimentant un sentiment de frustration et d’exaspération qui a progressivement mené la situation vers une impasse totale, où la seule voie possible semble être celle de la confrontation.
Cette absence prolongée de communication a eu des conséquences désastreuses sur l’ensemble de l’écosystème universitaire. Le syndicat interprète ce silence non seulement comme un refus de dialoguer, mais surtout comme le symptôme d’une gouvernance défaillante, une incapacité manifeste de l’administration à piloter l’institution à travers les turbulences. Cette perception d’impuissance au sommet de la hiérarchie a sapé la confiance et a contribué à une dégradation continue du climat social. L’environnement de travail est devenu délétère, marqué par la suspicion et les tensions, ce qui nuit gravement à la sérénité nécessaire aux activités d’enseignement et de recherche. Les étudiants sont les victimes collatérales de cette crise, subissant de plein fouet les perturbations d’un calendrier académique déjà instable. L’incertitude qui plane sur leur parcours et la qualité de leur formation ajoute une pression supplémentaire à une situation déjà explosive, transformant le campus en une véritable poudrière sociale.
L’Épreuve de Force Comme Seul Recours
Épuisant toutes les voies de la concertation sans succès, le SAES a conclu que le dialogue était devenu une impasse et a résolument opté pour un changement de stratégie. Le syndicat estime désormais que seule une action de grande envergure peut contraindre l’administration à sortir de son silence et à prendre ses responsabilités. Partant du postulat que l’autorité rectorale ne réagit qu’au « langage de la lutte », le corps professoral a décidé d’entrer dans un rapport de force direct pour faire valoir ses revendications. Cette décision, bien que difficile, est présentée comme l’ultime recours pour débloquer une situation paralysée et forcer une reprise des négociations. Il ne s’agit plus de demander, mais d’exiger des réponses claires et des solutions concrètes aux problèmes qui minent l’université depuis des mois. Cette posture de fermeté marque un tournant décisif dans le conflit, signalant que la patience des enseignants-chercheurs a atteint ses limites et que le temps des discussions infructueuses est révolu.
L’instrument central de cette nouvelle stratégie est une grève de 48 heures, entraînant une suspension complète de toutes les activités pédagogiques et administratives. Cette action coup de poing vise à envoyer un message fort et sans équivoque à la direction : la crise est grave et ne peut plus être ignorée. Le but de ce mouvement n’est pas de pénaliser durablement les étudiants, mais de créer un électrochoc suffisant pour obliger l’administration à s’asseoir à la table des négociations. Le SAES est pleinement conscient des répercussions d’une telle grève sur un calendrier académique déjà précaire, mais il rejette fermement toute responsabilité dans cette perturbation. Pour le syndicat, l’unique responsable de cette issue regrettable est l’administration elle-même, dont l’inaction et le refus obstiné de communiquer ont rendu cette épreuve de force inévitable. La grève est ainsi présentée non comme une agression, mais comme une conséquence logique et nécessaire face à une direction jugée sourde et immobile.
Vers une Nationalisation du Conflit
Conscient que le blocage interne pourrait perdurer, le SAES a décidé d’élargir le champ de son action en portant le conflit sur la scène nationale. La stratégie consiste à sortir la crise du seul cadre de l’UASZ pour en faire une préoccupation d’intérêt public, espérant ainsi susciter une pression externe capable de dénouer la situation. Pour ce faire, le syndicat a prévu de lancer une vaste campagne médiatique, dont la pierre angulaire sera la diffusion d’un communiqué de presse exhaustif. Ce document a pour vocation d’exposer en détail les griefs des enseignants-chercheurs, les raisons profondes du blocage et les différentes étapes qui ont mené à la grève. L’objectif est d’alerter l’opinion publique sur la gravité de la situation qui prévaut à Ziguinchor et de mobiliser le soutien d’autres acteurs de la société civile et du monde académique. En rendant la crise visible à l’échelle du pays, le SAES espère que la direction de l’université ne pourra plus se retrancher derrière un silence qui n’engage qu’elle.
L’aboutissement de cette démarche de nationalisation du conflit est d’interpeller directement le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. En portant le dossier au plus haut niveau de l’État, le syndicat cherche à provoquer une médiation, voire un arbitrage de l’autorité de tutelle. Le SAES mise sur le fait que le ministère ne pourra rester indifférent face à une crise qui menace la stabilité d’un établissement public d’enseignement supérieur et qui risque de créer un précédent dangereux. Cette sollicitation d’une intervention extérieure est vue comme le dernier espoir de rétablir des canaux de communication fonctionnels entre les parties en conflit. Le syndicat espère que sous l’égide du ministère, un dialogue sincère et constructif pourra enfin s’instaurer, permettant de trouver des solutions pérennes aux problèmes identifiés et de garantir un retour à la sérénité indispensable à la mission académique et scientifique de l’Université Assane Seck.
Un Dialogue Impératif Pour Sauver l’Institution
Le conflit qui a secoué l’Université Assane Seck de Ziguinchor a mis en lumière les profondes fractures résultant d’une communication rompue. La décision du syndicat des enseignants-chercheurs d’entamer une grève, après des mois de silence de la part de l’administration, a marqué un point de bascule critique. Cette épreuve de force, bien que perturbatrice pour le calendrier académique, a été présentée comme la seule alternative face à une gouvernance jugée inapte à gérer les tensions. L’escalade du conflit, avec la volonté de le porter sur la scène nationale, a démontré la détermination du corps professoral à ne pas laisser la situation se détériorer davantage. Ces événements ont souligné l’urgence de restaurer des mécanismes de dialogue transparents et efficaces au sein de l’institution. La résolution de cette crise a finalement dépendu de la capacité des deux parties à dépasser leurs positions pour privilégier l’intérêt supérieur de l’université et de ses étudiants, rappelant que la pérennité d’un pôle de savoir repose avant tout sur la confiance et la collaboration.
