Dans un contexte de profondes transformations sociopolitiques et d’une quête affirmée d’autonomie stratégique, l’engagement du monde académique se révèle être un levier fondamental pour matérialiser les aspirations d’une nation. L’Université Djibo Hamani de Tahoua (UDHT) a brillamment illustré ce principe en organisant la première édition de ses doctoriales, un événement scientifique de grande envergure qui s’est tenu les 7 et 8 janvier 2026. La cérémonie d’ouverture, rehaussée par la présence du Professeur Hamidou Talibi Moussa, Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur, a rassemblé au sein de l’auditorium du Campus II une communauté plurielle de doctorants, d’enseignants-chercheurs et de hautes autorités nationales et régionales. Ces deux journées de réflexion intense et d’échanges fructueux ont placé la recherche scientifique au cœur du débat sur la souveraineté, positionnant cette jeune institution universitaire comme un acteur incontournable dans l’élaboration des stratégies de développement et la consolidation de l’indépendance nationale du Niger.
Une Réflexion Stratégique au Service de la Nation
Le fil conducteur de ces assises, intitulé « Le Niger face aux défis de la souveraineté : Contribution de la Recherche scientifique » , résonne avec une acuité particulière dans le paysage nigérien actuel. Ce choix thématique, salué pour sa clairvoyance, s’inscrit directement en écho aux mutations profondes que connaît le pays depuis les événements du 26 juillet 2023. Comme l’a souligné le Professeur Hamidou Talibi Moussa, cette problématique interpelle directement la mission et la responsabilité des institutions d’enseignement supérieur. Il ne s’agit plus seulement de produire du savoir pour le savoir, mais de mobiliser l’intelligence collective pour éclairer les décisions publiques et forger les outils d’une souveraineté effective. Les plus hautes autorités attendent des travaux issus de ces doctoriales des analyses rigoureuses sur les multiples facettes de la souveraineté, qu’elle soit économique, politique, alimentaire ou sécuritaire, mais surtout des propositions de solutions pragmatiques, durables et endogènes, capables de répondre concrètement aux défis identifiés. En initiant un tel débat, l’UDHT affirme sa maturité et son rôle de phare intellectuel au service du développement national.
La portée de cette initiative dépasse par ailleurs les seules frontières nationales pour s’inscrire dans une dynamique régionale plus vaste et ambitieuse. Le Gouverneur de la Région de Tahoua, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa, a rappelé avec force que la reconquête de la souveraineté est une priorité absolue qui guide l’action du gouvernement, un choix irrévocable assumé par la nation. Dans cette perspective, l’événement organisé par l’UDHT est perçu comme un appui stratégique essentiel à cette vision politique. Le Gouverneur a cependant insisté sur la nécessité d’intégrer cette production intellectuelle dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a lancé un appel vibrant à la mutualisation des ressources intellectuelles et des compétences avec les pays frères de l’alliance, afin de créer des synergies et de transformer collectivement les fruits de la recherche en politiques publiques efficientes. L’enjeu est de taille : il s’agit de construire un socle de connaissances commun pour renforcer la résilience et le développement harmonieux des populations de cet espace partagé, unissant ainsi les destins face aux défis communs.
La Structuration d’une Nouvelle Génération de Savoirs
Au-delà de leur portée thématique, ces journées doctoriales ont constitué un moment fondateur pour la structuration de la formation et l’accompagnement des jeunes chercheurs au sein de l’université. Le Recteur de l’UDHT, le Professeur Hamadou Daouda Youssoufou, a insisté sur le caractère privilégié de cette rencontre pour la communauté scientifique. Elle offre une plateforme unique permettant, d’une part, de valoriser les travaux des doctorants qui, avec passion et rigueur, contribuent à l’édification des savoirs de demain. D’autre part, elle représente une opportunité inestimable pour ces futurs docteurs de présenter l’état d’avancement de leurs recherches, de soumettre leurs approches méthodologiques à un examen critique et bienveillant, et de recevoir des conseils avisés de leurs pairs et de chercheurs confirmés. Ces échanges sont cruciaux pour affiner leurs problématiques, renforcer leurs analyses et assurer la qualité scientifique de leurs thèses. Le Recteur a également exhorté les doctorants et leurs directeurs de thèse à s’investir pleinement dans cette mission, leur rappelant que leur engagement est une pierre angulaire de l’avenir du pays.
L’organisation de cet événement repose sur la jeune mais dynamique École Doctorale Pluridisciplinaire de l’université, qui encadre une première promotion de 42 doctorants. Le président du comité d’organisation, le Professeur Mohamed Bello Ibrahim, a détaillé la structure de cette école, qui se distingue par son approche transversale. Elle regroupe en effet quatre Collèges de Formation Doctorale (CFD) couvrant des champs disciplinaires variés et complémentaires : les sciences économiques et de gestion, les sciences juridiques et politiques, les sciences agronomiques et de l’ingénieur, ainsi que les sciences de l’éducation et la didactique des disciplines. Cette pluridisciplinarité est un atout majeur pour aborder la complexité des défis contemporains. Le Professeur Bello Ibrahim a précisé que la majorité des doctorants étant encore au stade de la consolidation de leurs projets de thèse, ces doctoriales ont fonctionné comme un véritable outil pédagogique. Elles ont offert un cadre formel et stimulant pour présenter des travaux préliminaires, bénéficier de retours constructifs et, le cas échéant, réorienter les recherches pour garantir leur pertinence et leur rigueur.
Un Jalon pour la Recherche Appliquée
L’organisation de ces premières doctoriales à l’Université Djibo Hamani de Tahoua a marqué une étape décisive, non seulement pour l’institution elle-même, mais aussi pour le paysage de la recherche au Niger. Au cours de ces deux jours, l’événement a transcendé le cadre d’un simple colloque académique pour devenir une véritable plateforme de dialogue stratégique entre le monde de la recherche et les sphères décisionnelles. Les présentations et les débats, qui ont abordé des thématiques aussi cruciales que la relation entre la science et la souveraineté ou encore l’éthique du chercheur, ont jeté les bases d’un programme de recherche résolument tourné vers les priorités nationales. Les interactions fructueuses entre les doctorants, les enseignants-chercheurs chevronnés et les représentants des autorités ont permis de forger des liens essentiels, assurant que les futurs travaux scientifiques seront mieux alignés sur les besoins concrets du pays. L’initiative a ainsi démontré avec force la capacité et la volonté de l’université de jouer pleinement son rôle de moteur intellectuel et de partenaire stratégique dans la construction d’un avenir souverain.
