Cuba : Les Nouveaux Tarifs de Roaming D’ETECSA

Cuba : Les Nouveaux Tarifs de Roaming D’ETECSA

Pour des milliers de familles cubaines séparées par l’émigration, le maintien du contact avec leurs proches est devenu une nécessité vitale, mais une nouvelle réglementation tarifaire vient assombrir ce lien essentiel. L’Entreprise de Télécommunications de Cuba (ETECSA) a en effet officialisé une augmentation substantielle des coûts de l’itinérance internationale, effective depuis le 29 janvier. Cette mesure, découlant de la Résolution 48/2025 signée discrètement en octobre dernier mais publiée seulement en décembre, instaure des plafonds tarifaires qui risquent de transformer la communication transfrontalière en un privilège inabordable pour une grande partie de la population. L’impact de cette décision dépasse le simple cadre technique pour toucher directement au tissu social et familial, à un moment où la diaspora cubaine n’a jamais été aussi nombreuse. En établissant des coûts facturés en dollars américains, l’opérateur national impose un nouveau fardeau financier sur des citoyens déjà confrontés à une économie fragile, soulevant de sérieuses questions sur l’accessibilité des services de base.

Une Tarification Qui Redéfinit la Communication

La nouvelle structure tarifaire mise en place par ETECSA établit des plafonds qui placent la communication internationale hors de portée de nombreux budgets. Les utilisateurs en itinérance peuvent désormais se voir facturer jusqu’à 3,00 dollars américains par minute pour les appels vocaux, qu’ils soient émis ou reçus, un tarif prohibitif pour la majorité. De même, l’envoi d’un simple message texte (SMS) est plafonné à 1,00 dollar, tandis que chaque mégaoctet de données mobiles consommées peut également coûter jusqu’à 1,00 dollar. Bien que la résolution permette à ETECSA de proposer des tarifs inférieurs après une autorisation ministérielle, ces montants maximaux fixent une nouvelle norme de coût extrêmement élevée. Le paiement, exigé en prépaiement et en devises étrangères, ajoute une contrainte supplémentaire. Dans un pays où le salaire moyen peine à couvrir les besoins essentiels, ces prix transforment un appel de quelques minutes depuis l’étranger en un luxe équivalent à plusieurs jours de travail, creusant davantage le fossé entre ceux qui peuvent se permettre de rester connectés et les autres.

Cette décision intervient dans un contexte socio-économique particulièrement tendu, marqué par une vague d’émigration sans précédent. Pour d’innombrables Cubains, le téléphone est le seul moyen de maintenir un lien affectif et familial avec ceux qui ont quitté l’île. L’augmentation des tarifs de l’itinérance frappe donc de plein fouet cette diaspora et ses proches restés au pays, en taxant lourdement ce qui est devenu un besoin fondamental. La communication n’est plus seulement un service, mais un pilier de la cohésion familiale et du soutien émotionnel à distance. En rendant ce service considérablement plus onéreux, la mesure risque d’isoler davantage les familles et de compliquer les échanges qui sont souvent cruciaux, tant sur le plan personnel que pour l’aide financière que beaucoup reçoivent de l’étranger. La politique tarifaire d’ETECSA semble ainsi aller à l’encontre de la nécessité de préserver ces liens vitaux, en privilégiant une approche purement économique qui ignore les répercussions humaines et sociales profondes pour des millions de citoyens cubains.

Un Manque de Clarté Préjudiciable pour les Usagers

L’introduction de cette nouvelle grille tarifaire s’accompagne d’une communication qui pourrait semer la confusion parmi les utilisateurs. Simultanément à l’entrée en vigueur des tarifs à l’unité le 29 janvier, ETECSA a annoncé la commercialisation future de forfaits de roaming spécifiques, prévue pour le 1er mars 2026. Ce chevauchement d’annonces crée une ambiguïté potentiellement coûteuse. Les consommateurs pourraient croire à tort que les tarifs élevés par minute, par SMS ou par mégaoctet ne s’appliquent pas immédiatement, et attendre l’arrivée des forfaits pour mieux maîtriser leurs dépenses. Or, durant cette période intermédiaire, toute utilisation de l’itinérance sera facturée aux nouveaux plafonds, ce qui pourrait entraîner des factures imprévues et exorbitantes. Cette stratégie de communication en deux temps manque de transparence et expose les usagers à des risques financiers importants, surtout ceux qui ne sont pas familiers avec les subtilités des offres de télécommunications et qui pourraient activer leur itinérance sans en comprendre les conséquences financières immédiates.

Au-delà de la confusion potentielle, la réglementation actuelle présente une lacune majeure en matière de protection des consommateurs. Le texte officiel ne détaille aucun mécanisme clair pour prévenir ou contester des frais involontaires, un problème courant avec l’itinérance des données, où des applications en arrière-plan peuvent consommer des mégaoctets à l’insu de l’utilisateur. L’absence de garde-fous, comme des alertes de consommation ou des plafonds automatiques, laisse les clients vulnérables à des erreurs de connexion ou à une utilisation accidentelle qui pourraient vider leur crédit en quelques minutes. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les tarifs sont exprimés en dollars américains, une devise forte face à la monnaie locale. Sans garanties adéquates, le simple fait d’activer son téléphone à l’étranger devient un pari risqué. Le cadre réglementaire imposait ainsi un fardeau financier considérable sur les Cubains tout en omettant de mettre en place les outils de protection indispensables pour garantir une utilisation juste et maîtrisée du service.

Abonnez-vous à notre digest hebdomadaire.

Rejoignez-nous maintenant et devenez membre de notre communauté en pleine croissance.

Adresse e-mail invalide
Thanks for Subscribing!
We'll be sending you our best soon!
Quelque chose c'est mal passé. Merci d'essayer plus tard